« Mon combat ‘vert’ une économie mondiale nouvelle »

Publié le par Actions Vitales pour le Developpement durable

Il y a longtemps, le gouvernement camerounais mettait fin aux bourses des étudiants des universités d’Etat. Les protestations qui ont secoué les campus après, ont permis la gratuité de l’accès à l’eau et à l’énergie électrique dans les cités universitaires. Une joie pour des centaines d’étudiants. Mais qui coûte extrêmement cher à notre économie nationale et aux ressources naturelles de notre planète. Vous me demanderez sans doute en quoi cette gratuité est vue comme un problème dans un pays en développement comme le mien ? Ce n’est pas un problème dans le sens propre du terme, au contraire c’est une solution. Mais une solution mal appréhendée par les étudiants. Et je vais vous dire pourquoi…

Tree of HopesFin 2008. J’entre à l’université de Yaoundé 2 pour mes études académiques. Quel bonheur d’être étudiant ! Ma joie s’est éteinte quelques mois après. Pas qu’il m’était difficile de m’insérer dans ce milieu cosmopolite, mais j’avais trouvé absurde que les étudiants gaspillent l’eau et l’électrique dans la cité universitaire. Quel scandale ; à l’heure où le monde se soucie de la préservation de nos ressources et bien plus encore de l’atteinte d’une économie verte !

Ce que vous ignorez, c’est que dans les universités d’Etat, les étudiants ont la possibilité d’habiter une chambre universitaire pour une facture mensuelle de 10.000 Francs CFA (environ 25 US$) avec exonération des frais d’eau et d’énergie électrique. Cela devrait les rendre fiers de la priorité qu’ils représentent pour l’Etat, mais au contraire cela a très vite fait naître chez bon nombre des habitudes de gaspillage. Les lampes à incandescence sont laissées allumées jours et nuits, les robinets à eau pareil avec le précieux liquide qui coule sans cesse, parfois même sur le sol. Les uns préparent leurs repas avec des plaques électriques, les autres se servent des « chauffe-eau » et de fers à repasser qui brûlent sans arrêt ! Comme par hasard, personne n’est gêné. Curieux n’est-ce pas ?

 « L’économie verte : m’inclut-elle ? »

Oui ! Parce qu’avec de telles attitudes de la part d’autres jeunes comme moi, j’ai vite compris qu’il faille agir très vite. Face à de tels comportements, j’ai compris que l’écologie prend des coups avec toutes les conséquences que vous savez déjà : impact sur l’économie nationale ; fortes factures ; pénurie en eau dans les villes ; délestages électriques incessants ; réchauffement climatique… Et en décembre 2008, j’ai rejoins sans perdre une seconde une association de protection de l’environnement : Actions Vitales pour le Développement durable.

Ce groupe m’a appris que notre génération et les générations futures ne changeront pas le monde sans l’appui de nos gouvernements et si nous n’établissons pas un lien entre notre action locale avec les conventions internationales qui soutiennent l’économie verte. Changer des habitudes anti écologistes en milieu universitaire n’est pas assez pour que je fasse partie de l’« économie verte » nationale ou mondiale. Encourager le gouvernement de mon pays à plaider lors de la Conférence de Rio+20 pour la mise en œuvre effective de cette économie pour tous ainsi que l’atteinte des Objectifs pour le Développement Durable (ODD) est le plus beau cadeau que je puisse lui offrir. Ainsi pourrais-je faire partie du changement que je souhaite au sein universités du Cameroun. Ainsi pourrais-je mobiliser la jeunesse autour de mon combat : rendre possible un monde plus « vert », aussi bien dans les habitudes de ses citoyens mais que dans l’économie de ses nations. Et voilà comment je ferais pleinement partie de l’« économie verte » comme un citoyen du monde !

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