Videoconferences a Yaounde en direct de la COP15

Publié le par Actions Vitales pour le Developpement durable

On n’ignore plus les menaces graves et réelles que connaît la planète terre suite aux dérèglements climatiques. Face à l’ampleur du danger, du 07 au 18 décembre 2009 s’est déroulée à Copenhague  au Danemark, la 15e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CdP15). Pour contribuer à l’information et à la réflexion sur ce sujet, des visioconférences en direct de Copenhague ont été organisées à travers le monde entier, notamment dans des pays francophones suite à une sélection de partenaires locaux organisée par l’Unité jeunesse de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Faisant partie des trente deux (32) partenaires de l’institution internationale, l’association Actions Vitales pour le Développement durable (AVD) en partenariat avec elle a ainsi organisé deux sessions de vidéoconférence dans la ville de Yaoundé au Cameroun.

 

L’objectif général de ce projet local visait à sensibiliser les jeunes et à faire entendre leur voix sur les impacts des changements climatiques afin de leur permettre d’exercer une influence sur la prise de discussions justes et équitables au cours de la CdP15 et d’échanger avec des jeunes et des experts participant aux négociations sur place.

 

Chaque session de visioconférence se déroulait en deux phases : une première partie de 1h30 consacrée à une connexion directe avec la CdP15 et une seconde partie de 1h30 basée sur une discussion locale à Yaoundé entre les participants et des experts invités,  deux sessions ont été programmées à Yaoundé par l’association de jeunesse Actions Vitales pour le développement durable (AVD) dont l’un des cheval de bataille reste la lutte contre les changements climatiques. Celles-ci ont eu lieu à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et à l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), respectivement les 12 et 17 décembre 2009.

 

Première session : Samedi 12 décembre 2009, IRD

Thème : Enjeux, perspectives et attentes de la CdP15

 

Cette session a rassemblé 17 participants, représentant pour la plupart des associations de protection de l’environnement, basées à Yaoundé. M. Leste NYEMGAH WO-DONG, expert environnementaliste et Ingénieur des eaux et forêts ainsi que plusieurs jeunes intéressés par les questions environnementales ont également répondu présents à l’invitation de AVD. Elle a été facilitée par l’IRD, qui a mis à la disposition de l’évènement sa salle de visioconférence, son communicateur/technicien ainsi que le matériel informatique nécessaire pour assurer la liaison en direct du Danemark. Toutefois, la vidéoconférence a connu des perturbations en raison de la mauvaise connexion due à la non fourniture de l’adresse IP de nos correspondants du côté de Copenhague, qui a empêché que les réactions de Yaoundé soient perçues en audiovisuel. Nonobstant cet incident, une solution a permis de participer à la session à travers l’envoi des réactions par écrit et une connexion virtuelle par Internet.

 

La vidéoconférence qui a effectivement commencé à 15h GMT, était animée depuis Copenhague par une équipe composée de jeunes et d’experts sur la question du jour. Les thématiques abordées ont suscité des interrogations en provenance des participants de Yaoundé. Il s’agissait principalement de : (1) quelles sont les mesures prises à l’intention des pays pauvres moins pollueurs, pour assurer leur participation à la lutte contre les CC ; (2) sur quels critères les financement issus de la CdP15 seront-ils alloués ? (3) étant donné que la CdP15 vise à impliquer les jeunes, que sera-t-il fait dans l’avenir pour soutenir effectivement leurs actions sur le terrain pour que la CdP15 ne reste pas lettre morte (4) Serait-il possible d’évaluer une technologie afin de prévoir les conséquences sur l’environnement des transferts de technologie . Une discussion locale animée par l’expert environnementaliste invité et le communicateur de l’IRD, a permis

de lever quelques incertitudes. Cependant, Les réponses n’ont que partiellement été satisfaites, du fait de la multitude de partenaires locaux participant au projet de part le monde. Après deux heures d’intense activité, les débats ont pris fin simultanément avec l’arrêt des discussions du côté de Copenhague.

 

Deuxième session : Jeudi 17 décembre 2009, AUF

Thème : Enjeux et perspectives des dernières journées de la CdP15

 

Cette session a rassemblé 26 participants constitués de représentants d’organisations de la société civile, d’étudiants et de fonctionnaires. Ont également été présents, deux experts à savoir M. Michel PENKA, Juriste de l’environnement et fonctionnaire au MINEE et Dr Hubert ZEBAZE, enseignant à l’Université de Yaoundé et représentant national de l’ONG AquaCare. 

Des discussions en direct de Copenhague, deux interrogations en provenance de Yaoundé ont eu des répliques de Copenhague. Sur la question du devenir de la planète si les accords n’aboutissent pas, il en ressort que ça ne sera pas la fin des négociations, mais cependant que la terre va continuer à s’enfiévrer tout en déplorant les conséquences à court et à moyen termes. Un autre intervenant a rétorqué de façon brutale qu’elle conduirait à la fin de l’espèce Homo. Quant à la préoccupation portée sur les changements envisagés après Copenhague, il ressort que les systèmes vont changer et les Africains vont sortir de leur inertie. De nouvelles technologies seront envisagées ainsi que de nouveaux systèmes économiques. D’autres questions posées n’ont pu avoir de réponses immédiates en raison du nombre élevé d’associations participant à la visioconférence, les discussions locales ont directement été entamées.


Le débat local organisé comportait trois articulations :

(1)Les enjeux spécifiques de la conférence de Copenhague. Il était question ici des enjeux de réduction des émissions des gaz à effet de serre,  tel que le prévoient les scientifiques et de la question de l’aide à apporter aux pays en développement à travers les mécanismes financiers discutés à la CdP15. (2) Les raisons des manifestations dans les rues  de Copenhague et le coût d’éclat des pays africains à quatre (04) jours de la fin de la conférence. (3) Et enfin les mesures à prendre  pour éviter de défavoriser les états africains.

 

De ces discussions, nous avons retenu qu’avant de recevoir des fonds, les pays pauvres doivent faire un état des lieux de la situation locale afin de définir les besoins. Ils devraient aussi revoir les problèmes de gouvernance. La conférence sur le climat semble un jeu d’intérêt entre les pays du nord  où les pays du sud sont des victimes. Le constat effectué fait montre d’une Afrique spectatrice des discussions et sans arme concrète pour négocier. A cet effet, pour éviter des manifestations muettes, les africains devraient développer leur potentiel humains (recherche et formation) afin d’être plus aptes dans les négociations internationales.


Au terme de ce débat, nous avons anticipé sur un bilan partiel de la CdP15. Il a été enregistré que la conférence de Copenhague risque d’échouer et ne pas aboutir aux attentes. L’Afrique étant le continent le moins peuplé, le moins développé, le plus pauvre et essentiellement dépendant devraient mieux se préparer pour les négociations futures. Il a aussi été noté que participation de l’Afrique en rang groupé est une première et devrait continuer.

Publié dans Activites de AVD

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